La prime de reclassement — tout ce qu'il faut savoir
Conditions, délai, montant, documents — les 4 points clés.
30 jours, pas un de plus
Programmer une alerte dès le lendemain de la reprise. Le délai est de 30 jours calendaires exactement pour déposer la demande. C'est la date de réception par France Travail qui fait foi — pas le cachet de la poste. En cas d'envoi par courrier, privilégier le recommandé avec AR, expédié bien avant la date limite.
Le décompte commence le lendemain du premier jour travaillé. Pour une reprise le 1er mars, le délai expire le 31 mars.
Hors délai d'un jour = zéro prime. — Convention CSP UNÉDIC, art. 14 ↗
Conditions cumulatives
Toutes ces conditions doivent être réunies en même temps :
- Type de contrat
CDI, CDD d'au moins 6 mois, ou contrat de travail temporaire d'au moins 6 mois
- Timing de reprise
La reprise doit avoir lieu avant la fin du 10ème mois de CSP
- Ancienneté
Au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise à l'origine du licenciement
- Plan de Sécurisation Professionnelle (PSP)
La reprise doit correspondre au projet professionnel validé dans le dossier CSP. En cas de doute, vérifier avec le conseiller France Travail avant de signer.
Montant et versements
- Calcul
50 % des droits restants à l'ASP (Allocation de Sécurisation Professionnelle)
- Premier versement
À la demande, dès validation du dossier
- Second versement
3 mois après la reprise, sur présentation du bulletin de salaire du 3ème mois
Nouveau salaire inférieur à l'ancien ? Comparer la prime et l'IDR avant de choisir.
Estimateur rapide
Renseigner les deux dates pour obtenir les jours d'ASP restants.
Estimation indicative uniquement. Formule : (allocation journalière × jours d'ASP restants) × 50 %. Les jours restants sont calculés sur un CSP de 12 mois à partir de la date de début. Le montant réel est calculé par France Travail sur la base du dossier ; l'allocation journalière figure sur l'attestation d'ouverture de droits ASP.
Documents à fournir
- Le formulaire de demande de prime — rempli et signé par le salarié et le nouvel employeur
- Le contrat de travail (ou promesse d'embauche)
- Pour le second versement : le bulletin de salaire du 3ème mois
Pour le premier versement : pas besoin de fiche de paie.
Le formulaire et le contrat suffisent. Inutile d'attendre le premier bulletin de salaire pour déposer la demande.
📄 Pages officielles
La prime de reclassement sur francetravail.fr (le formulaire est remis par le conseiller) Le CSP sur francetravail.frEn cas de doute, contacter le conseiller France Travail — et vérifier soi-même la notice officielle remise avec la proposition de CSP.
Copier un modèle de mail
Objet : Demande de prime de reclassement CSP — [NOM Prénom] — dossier n° [XXXXX]
Madame, Monsieur,
Je me permets de vous contacter afin d'engager la procédure de demande de prime de reclassement dans le cadre de mon Contrat de Sécurisation Professionnelle.
Suite à ma reprise en [CDI / CDD de X mois] le [date de reprise] chez [nom de l'employeur], je souhaite déposer mon dossier dans les meilleurs délais. Pourriez-vous me confirmer la marche à suivre et me préciser si des documents supplémentaires sont nécessaires de votre côté ?
Je reste disponible pour convenir d'un rendez-vous si besoin.
Dans l'attente de votre retour,
Cordialement,
[Prénom NOM]
[Numéro de téléphone]
Le second versement de la prime : ce qu'il faut savoir
La prime se verse en deux fois. Le second versement est moins connu — et moins automatique.
À la demande, dès validation du dossier par France Travail. Dépôt dans les 30 jours après la reprise.
3 mois après la reprise effective, sur présentation du bulletin de salaire du 3ème mois.
Que se passe-t-il si je romps ma période d'essai avant le second versement ?
Que la rupture vienne du salarié (démission de fait) ou de l'employeur, le second versement est en principe perdu — il est conditionné à la poursuite effective de l'emploi au bout de 3 mois.
En revanche, si le CDI ou CDD s'interrompt pour une raison indépendante de la volonté du salarié avant les 3 mois, une réintégration dans le CSP pour la durée restante est possible. Contacter immédiatement le conseiller France Travail — les délais de réintégration sont courts.
Cas particulier ? Consulter un avocat en droit social.
Et si je suis en arrêt maladie entre les deux versements ?
Un arrêt maladie pendant le CSP peut prolonger la durée de celui-ci jusqu'à 4 mois maximum. Le délai des 3 mois pour le second versement peut être impacté selon la durée de l'arrêt et selon que la reprise d'emploi intervient avant ou après.
Si l'arrêt survient après la reprise d'emploi (donc après le premier versement), le contrat est toujours en cours — le second versement reste dû sur présentation du bulletin du 3ème mois de présence effective.
Les règles varient selon le moment de l'arrêt. Vérifier sa situation avec le conseiller.
Que se passe-t-il si je suis licencié par mon nouvel employeur avant 3 mois ?
Si le licenciement intervient avant le 3ème mois, le second versement est perdu — la condition de présentation du bulletin de salaire du 3ème mois ne peut pas être remplie.
Selon les circonstances, une réintégration dans le CSP pour la durée restante est possible si la rupture intervient pendant la période d'essai d'un CDI, CDD ou CTT de 6 mois ou plus. Le délai pour demander cette réintégration est très court — contacter France Travail immédiatement.
Je démissionne entre les deux versements — je perds quoi exactement ?
Une démission entre le premier et le second versement fait perdre le second versement uniquement — le premier, déjà perçu, reste acquis.
Attention : une démission d'un CDI fait également perdre les droits à l'ARE (allocation chômage classique), sauf cas de démission légitime reconnus par France Travail.
Avant toute décision, prendre conseil — la situation peut être complexe selon l'historique de droits.
Comment déposer concrètement la demande du second versement ?
À J+90 après la reprise (soit le jour anniversaire des 3 mois), contacter le conseiller France Travail pour transmettre le bulletin de salaire du 3ème mois. Pas besoin de nouveau formulaire — le dossier initial sert de base.
Garder une trace écrite (mail ou courrier) de la demande et de la date d'envoi. Conserver une copie du bulletin et de l'accusé de réception.