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Mis à jour le 12 septembre 2026

12 min de lecture · Guide informatif

Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP)

Guide complet : conditions d'éligibilité, calcul de la prime de reclassement, délai des 30 jours, recours, et toutes les questions fréquentes. Sources officielles France Travail et UNÉDIC.

C'est quoi le CSP, concrètement ?

Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) est proposé aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de moins de 1 000 salariés (ou en redressement / liquidation judiciaire, quelle que soit la taille). Il remplace la période de préavis par un parcours d'accompagnement de 12 mois.

Pendant ces 12 mois, le bénéficiaire perçoit une allocation plus avantageuse que l'allocation chômage classique (75 % du salaire journalier brut, contre environ 57 % pour l'ARE). Il bénéficie d'un suivi personnalisé par France Travail, peut accéder à des formations, et peut prétendre à une prime de reclassement en cas de reprise d'emploi rapide.

Le délai pour accepter ou refuser le CSP est de 21 jours calendaires à compter de la remise du document par l'employeur. Une fois signée, l'adhésion est définitive.

Suis-je éligible au CSP ?

Toutes ces conditions doivent être réunies au moment du licenciement.

  • Motif économique uniquement

    Le licenciement doit être pour motif économique. Les licenciements pour faute ou inaptitude n'ouvrent pas droit au CSP.

  • Entreprise de moins de 1 000 salariés

    Le CSP est obligatoirement proposé par les entreprises de moins de 1 000 salariés, et par toutes les entreprises en redressement ou liquidation judiciaire (quelle que soit leur taille).

  • 88 jours travaillés sur les 24 derniers mois

    Avoir travaillé au moins 88 jours (ou 610 heures) sur les 24 derniers mois précédant la fin du contrat. Cette période est portée à 36 mois pour les personnes âgées de 53 ans ou plus.

  • Ne pas être à l'âge de la retraite à taux plein

    Le CSP n'est pas ouvert aux personnes ayant déjà atteint l'âge légal de la retraite à taux plein.

  • Résider en France métropolitaine ou DOM

    Métropole, DOM (hors Mayotte) ou collectivités d'outre-mer listées par la réglementation. Le détail figure dans la convention CSP.

  • Être apte à exercer un emploi

    Être physiquement apte à reprendre un emploi. L'adhésion reste possible en cas d'arrêt maladie ou de congé maternité au moment du licenciement — l'ASP démarre alors à la fin de l'arrêt.

Si l'employeur ne propose pas le CSP alors qu'il en avait l'obligation, France Travail le propose lors de l'examen des droits. L'employeur paie alors une contribution spécifique. Signaler systématiquement cette omission au conseiller.

Les 7 étapes clés, de la proposition à la prime

Le parcours CSP complet, étape par étape.

  1. Réception de la proposition de CSP

    L'employeur remet un document écrit lors de l'entretien préalable. À partir de là, le salarié dispose de 21 jours calendaires pour décider. Lire attentivement la notice d'information remise avec ce document (voir aussi la fiche officielle du Code du travail numérique). En cas d'hésitation, consulter un conseiller France Travail avant de signer.

  2. Acceptation et démarrage

    En cas d'acceptation, le contrat de travail est rompu sans préavis. Le CSP démarre le lendemain de la fin du délai de 21 jours (ou de l'acceptation si elle intervient avant). Le versement de l'ASP commence.

  3. Le pré-bilan (PBI)

    Entretien obligatoire au démarrage du CSP : point sur le parcours, définition du projet professionnel, planification des actions d'accompagnement.

  4. Recherche et formation

    Accompagnement pendant 12 mois maximum : formations, immersions en entreprise, prospection active.

  5. Reprise d'emploi

    Pour ouvrir droit à la prime de reclassement, la reprise doit avoir lieu avant la fin du 10ème mois de CSP, en CDI, CDD d'au moins 6 mois, ou contrat de travail temporaire d'au moins 6 mois.

  6. Demande de prime — le moment critique

    Le délai est de 30 jours calendaires à partir du lendemain du premier jour travaillé pour déposer la demande. Programmer une alerte dès le jour de la reprise. Calculer la date limite.

  7. Second versement

    3 mois après la reprise, transmettre le bulletin de salaire du 3ème mois à France Travail pour déclencher le second versement.

Ancienneté : moins ou plus d'un an

L'ancienneté dans l'entreprise au moment du licenciement change la mécanique du CSP. C'est une distinction trop souvent ignorée.

Critère
< 1 an d'ancienneté
≥ 1 an d'ancienneté
Montant de l'ASP
Calculée selon les règles de l'ARE (≈ 57 % du salaire journalier brut)
75 % du salaire journalier brut (- 3 % de prélèvement retraite complémentaire)
Durée de l'ASP
Calculée selon les règles de l'ARE (variable selon affiliation)
12 mois maximum
Préavis
Versé intégralement au salarié
Les 3 premiers mois sont versés à France Travail (financement du CSP). Le solde éventuel revient au salarié.
Prime de reclassement
Non éligible
Possible si reprise d'un CDI / CDD / intérim de ≥ 6 mois avant la fin du 10ème mois de CSP

Source : Convention CSP UNÉDIC du 26 janvier 2015.

Les obligations pendant les 12 mois

Le CSP est un contrat : en échange d'une allocation et d'un accompagnement renforcé, le bénéficiaire s'engage. Le non-respect peut entraîner une exclusion.

Engagements à respecter

  • Se présenter à l'entretien de pré-bilan dans les 8 jours suivant l'adhésion
  • Élaborer et exécuter le Plan de Sécurisation Professionnelle (PSP)
  • Rechercher activement un emploi
  • Répondre à toutes les convocations de France Travail
  • Accepter les offres d'emploi raisonnables et conformes au PSP
  • S'actualiser tous les mois sur francetravail.fr
  • Ne pas faire de fausses déclarations sur sa situation

Sanctions en cas de manquement

Refus de 2 offres raisonnables d'emploi
Exclusion définitive du CSP, basculement éventuel sur l'ARE selon les droits restants
Refus d'action de reclassement ou de formation prévue au PSP
Exclusion possible du CSP après mise en demeure restée sans suite
Fausses déclarations (situation, recherche d'emploi, activité)
Exclusion immédiate + remboursement des allocations perçues + sanctions pénales possibles
Absence d'actualisation mensuelle
Suspension de l'ASP. Reprise possible après régularisation.

Que se passe-t-il à la fin du CSP ?

Le CSP a une durée de 12 mois. Voici ce qui peut se passer ensuite selon la situation.

Pas d'emploi retrouvé à la fin du CSP

Bascule automatique vers l'ARE (Aide au Retour à l'Emploi). Important : les jours d'ASP déjà consommés sont déduits de la durée d'indemnisation à l'ARE. La durée d'ARE restante est donc celle qui aurait été disponible si l'ARE avait été perçue depuis le début.

Reprise d'un contrat court (< 6 mois) pendant le CSP

Les périodes travaillées prolongent la durée du CSP, dans la limite de 6 mois cumulés (186 jours). Au-delà, le CSP prend fin et la bascule vers l'ARE s'opère. Attention : les contrats de moins de 3 jours ne sont pas autorisés pendant le CSP.

Reprise d'un CDI ou d'un contrat ≥ 6 mois pendant le CSP

Si la reprise intervient avant la fin du 10ème mois, le bénéficiaire peut prétendre à la prime de reclassement (sous conditions). Le CSP prend fin à la date de reprise. Voir la page dédiée pour le calcul, le délai et les démarches.

Exclusion du CSP (manquement aux obligations)

Selon le motif et les droits restants : bascule vers l'ARE ou perte de tout droit à indemnisation. Le courrier de notification précise les voies de recours.

Les pièges à éviter

Les erreurs les plus fréquentes qui font perdre la prime de reclassement.

  • Piège n°1

    Croire que le cachet de la poste fait foi

    Faux. C'est la date de réception par France Travail qui compte. En cas d'envoi par courrier, prendre un recommandé avec AR et expédier au moins 5 jours ouvrés avant la date limite. Le plus simple : déposer directement en agence.

  • Piège n°2

    Compter sur le conseiller pour rappeler le délai

    Les conseillers France Travail gèrent un grand nombre de dossiers en parallèle, sur des dispositifs qui évoluent fréquemment. Le suivi du délai des 30 jours reste de la responsabilité du bénéficiaire. Noter la date limite dès le premier jour de reprise d'emploi et programmer une alerte à J+20.

  • Piège n°3

    Confondre prime de reclassement et IDR

    Les deux ne se cumulent pas. Faire le mauvais choix peut coûter plusieurs milliers d'euros. Toujours demander une simulation des deux options avant de signer quoi que ce soit. Comparer la prime et l'IDR.

  • Piège n°4

    Penser que la promesse d'embauche suffit

    Tant que le travail n'a pas commencé, le compteur ne tourne pas. Mais dès le premier jour effectif, les 30 jours démarrent. La promesse seule ne déclenche rien.

  • Piège n°5

    Démissionner ou rompre la période d'essai sans réfléchir

    Une rupture avant 3 mois fait perdre le second versement. Et une démission d'un CDI fait aussi perdre les droits ARE (sauf cas de démission légitime). Avant toute décision, prendre conseil.

  • Piège n°6

    Oublier que la prime est imposable

    Elle n'est pas soumise au prélèvement à la source automatique, mais elle est bien soumise à l'impôt sur le revenu. Penser à la provisionner pour éviter une surprise l'année suivante.

  • Piège n°7

    Confondre les 6 mois de contrat repris avec les 6 mois de petits boulots pendant le CSP

    Ce sont deux règles différentes. La prime exige un contrat unique d'au moins 6 mois (CDI, CDD ou intérim). Le cumul de petits contrats courts pendant le CSP, lui, est plafonné à 6 mois cumulés — ça reste compatible avec le CSP mais ça n'ouvre pas droit à la prime.

Glossaire CSP

Les sigles du CSP expliqués sans jargon.

CSP Contrat de Sécurisation Professionnelle
Dispositif d'accompagnement renforcé proposé aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de moins de 1 000 salariés. Il remplace la période de préavis par un parcours de 12 mois financé, incluant une allocation spécifique (l'ASP) et un suivi intensif vers le retour à l'emploi.
ASP Allocation de Sécurisation Professionnelle
Allocation versée pendant le CSP, en remplacement de l'ARE (allocation chômage classique). Elle est égale à 75 % du salaire journalier de référence brut, contre environ 57 % pour l'ARE. C'est sur la base des droits restants à l'ASP que se calcule la prime de reclassement.
ARE Aide au Retour à l'Emploi
L'allocation chômage classique versée par France Travail, à ne pas confondre avec l'ASP. Pendant le CSP, c'est l'ASP qui est versée — pas l'ARE. En cas de refus du CSP, c'est l'ARE qui est versée.
IDR Indemnité Différentielle de Reclassement
Aide mensuelle compensant la baisse de salaire si le nouveau poste paie moins que l'ancien. Plafonnée à 50 % des droits restants à l'ASP, versée pendant 12 mois maximum. Non cumulable avec la prime de reclassement pour un même emploi.
ARCE Aide à la Reprise et à la Création d'Entreprise
Alternative à l'ARE ou à l'ASP pour les créateurs ou repreneurs d'entreprise. Verse 60 % des droits restants sous forme de capital, en deux fois : la moitié au démarrage, l'autre moitié six mois plus tard. Incompatible avec la prime de reclassement CSP.
IPR Instance Paritaire Régionale
Instance de recours interne à France Travail, composée de représentants salariés et employeurs. Elle examine les litiges entre France Travail et les allocataires sur l'application des règles. Elle n'est saisissable que si le courrier de refus le mentionne explicitement ; ce n'est pas une étape systématique du parcours de recours.
SJR Salaire Journalier de Référence
Base de calcul de l'ASP et, indirectement, de la prime de reclassement. Il est calculé sur les 12 derniers mois de salaire brut avant la fin du contrat, divisé par le nombre de jours travaillés. Un SJR élevé = une ASP journalière plus élevée = une prime potentiellement plus importante.
UNÉDIC Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce
Organisme paritaire qui gère le régime d'assurance chômage en France. C'est l'UNÉDIC qui rédige et publie les conventions CSP, qui font foi sur les droits et obligations des bénéficiaires.
PBI Pré-Bilan (entretien initial CSP)
Entretien obligatoire réalisé au démarrage du CSP pour faire le point sur le parcours du bénéficiaire, définir le projet professionnel et planifier les actions d'accompagnement.
PSP Plan de Sécurisation Professionnelle
Projet professionnel validé avec le conseiller au début du CSP, qui définit le cadre de la recherche d'emploi. La reprise doit correspondre à ce plan pour ouvrir droit à la prime.

Ressources officielles

Les sources sur lesquelles ce guide s'appuie. À consulter directement pour toute situation personnelle.

À propos du site

securisetoncsp.fr est un site indépendant à but informatif. Il rassemble en un endroit clair les informations essentielles sur le Contrat de Sécurisation Professionnelle, ses délais et la prime de reclassement.

Aucun lien avec France Travail ou l'UNÉDIC. Contenu informatif uniquement, ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation personnelle, consulter un avocat en droit social ou un conseiller France Travail.